Les cépages du sud-ouest sont-ils les plus anciens ?

Les cépages du sud-ouest sont-ils les plus anciens ?

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Les vignobles du sud-ouest français s’étendent sur des zones aux influences multiples, avec un climat océanique, des reliefs pyrénéens et des sols variés. Cette situation a favorisé la formation et le maintien de cépages que l’on ne trouve nulle part ailleurs ! Mais savons-nous vraiment s’ils sont les plus anciens ? L’histoire viticole nous permet-elle vraiment de les considérer comme tel ? C’est ce que nous allons essayer de décrypter ensemble.

Two wineglass with red wine and ripe pink grapes on white table in the garden in the sunny day.

Peut-on considérer les cépages du sud-ouest comme les plus anciens ?

Dans le sud-ouest, de nombreux cépages ont des origines très anciennes, notamment les variétés comme le tannat, le fer servadou, le négrette ou le manseng, qui sont mentionnés dans des archives locales dès le Moyen Âge. Mais il faut faire attention ! Car les qualifier de “plus anciens” demande une certaine nuance. En effet, il ne faut pas oublier que d’autres régions du monde, notamment européennes, comme le bassin méditerranéen ou le Caucase, ont des cépages historiques dont l’histoire remonte à bien plus loin. 

Nous pouvons considérer les cépages du sud-ouest comme anciens car le territoire a permis la conservation de certains quand d’autres territoires ont procédé à des sélections plus restrictives au fil du temps. Ils figurent donc parmi les plus anciens encore cultivés en France, sans pour autant pouvoir être considérés comme les plus anciens au sens absolu !

Pourquoi sont-ils si caractéristiques ?

Le caractère distinctif des cépages du sud-ouest est connu pour différentes raisons : 

  • Leur adaptation à des conditions locales spécifiques : les sols argilo-calcaires, graveleux ou limoneux, ainsi que les amplitudes thermiques marquées, ont façonné des variétés capables de résister à l’humidité, aux vents et aux écarts de température. Cette adaptation progressive a influencé la structure des vins, leur profil aromatique et leur potentiel de garde ;
  • Leur expressivité : le tannat, par exemple, a une trame tannique marquée tandis que le manseng a une acidité élevée, même à maturité avancée. Ces traits résultent d’une sélection naturelle ;
  • L’isolement géographique : les grandes voies commerciales du vin ont longtemps privilégié d’autres régions, limitant l’introduction massive de cépages extérieurs. Cette situation a favorisé la transmission locale des savoir-faire et la préservation de pratiques de culture anciennes ;
  • Leur forte identité culturelle : ils sont associés à une gastronomie régionale et à des appellations qui valorisent la typicité. Cette singularité explique leur reconnaissance en France mais aussi à l’international.

Quels sont les meilleurs accords avec ces cépages ?

Les accords mets-vins avec les cépages du sud-ouest sont nombreux, toujours pensés de manière à obtenir le bon équilibre entre structure, acidité et intensité aromatique. 

Les vins issus de tannat ou de fer servadou s’accordent avec des plats riches en protéines, composés de viandes rouges, mais aussi avec des plats mijotés ou des préparations à base de canard pour harmoniser les tanins et prolonger la persistance en bouche.

Les cépages blancs tels que le petit manseng ou le gros manseng offrent eux aussi une palette d’accords variée ; leur acidité soutenue convient aux produits de la mer, aux poissons en sauce ou aux fromages à pâte pressée. Lorsqu’ils sont vinifiés avec une certaine richesse, ils accompagnent également des plats épicés ou sucrés-salés.

Les cépages tels que la négrette produisent des vins aux arômes de fruits et d’épices, adaptés aux cuisines régionales ou aux plats à base de légumes. Leur souplesse permet des accords sans dominer les mets, favorisant une lecture équilibrée du plat et du vin.

Les cépages du sud-ouest ont une place singulière dans le patrimoine viticole français. S’ils ne peuvent être désignés comme les plus anciens au sens global, ils forment un ensemble de variétés historiques encore en production. Leur diversité, leur expression territoriale et leur capacité à s’accorder à merveille avec notre gastronomie renforcent leur intérêt actuel. 

Ils représentent un lien durable entre histoire, culture et production viticole contemporaine.

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